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Le moteur à eau, mystification ou technologie géniale honteusement étouffée par les lobbies pétroliers ?... Faisons la part des choses et vous allez enfin savoir la vérité grâce à cette astuce.

Voiture à eau : le principe

Toute technologie révolutionnaire est saluée par l'ensemble de la communauté scientifique, relayée par les médias spécialisés et généraux les plus prestigieux et les plus écoutés… Sauf quand il s'agit du moteur à eau : aucun article scientifique sérieux de vulgarisation et aucune validation gouvernementale, ou même écologiste. Alors, que penser ? Il existe ce moteur ou pas… ?

Oui, il existe, mais nous allons le démystifier et vous expliquez quelques points concrets.

  • Son fonctionnement : le grand principe annoncé du moteur à eau est de séparer les molécules qui constituent l'eau (H²O : H = hydrogène et O = oxygène), chaque élément ayant une vertu pour le moteur et sa combustion : l'hydrogène est un gaz extrêmement explosif, qui va améliorer d'autant la combustion et la compression ; l'oxygène est un comburant qui est indispensable à une bonne combustion, tout comme le tirage d'air dans un foyer de poêle à bois.
  • Les avantages présumés :
    • meilleure combustion ;
    • moins de consommation de carburant (- 50 % annoncés !...) ;
    • moins de polluants (en vrac NOx (oxydes d'azote) ; CO (monoxyde de carbone) ; CO² (dioxyde de carbone ou gaz carbonique…) ;
    • meilleur rendement.

Voiture à eau : un petit historique

Ce que nous proposent les promoteurs de ce moteur à eau est une technologie qui existe depuis pratiquement le début de l'automobile :

  • dès les années 1900, les ingénieurs français Clerget (un génial motoriste du niveau de Rudolf Diesel – ils ont d'ailleurs collaboré) (1900) et Sabatier (1920) posent les bases d'un moteur fonctionnant avec des substrats chimiques et développant le principe de la catalyse (transformation des gaz dans la combustion : Clerget fabrique un moteur fonctionnant avec une émulsion de houille et d'eau) ;
  • des procédés d'injection d'eau sont mis au point pendant la Deuxième guerre mondiale (Messerschmidt) ;
  • en automobile, cette technologie est utilisée notamment en rallye (Lancia Stratos) à la fin des années 1970 ;
  • aujourd'hui la firme BMW développe un moteur à injection d'eau sur certains de ses prototypes.

Voiture à eau : pour une démystification

Comme on le voit, le moteur à eau existe bien, sous la forme de moteur à injection d'eau chez les constructeurs historiques, et plus artisanalement et loufoquement sous forme de kits à installer par des apprentis-sorciers nous promettant monts et merveilles (moteur Pantone ou kit d'injection Vix par exemple).

Ses avantages réels

Ils existent et s'expliquent facilement. Nous allons vous donner un exemple simple : pour beaucoup d'entre nous qui ont possédé un cyclomoteur, les plus perspicaces auront remarqué que par temps estival, après avoir roulé en rase campagne sous un soleil de canicule, lors du passage dans une forêt bien ombragée, on ressent nettement l'impression d'une augmentation de puissance du moteur.

Ce n'est pas qu'une impression : ceci provient de la densité de l'air rafraîchi qui est plus importante, favorisant une admission plus importante d'oxygène, donc une meilleure combustion.

C'est ce principe qu'exploite le moteur à eau : l'injection d'eau sous formes de fines gouttelettes qui, en s'évaporant, absorbent de l'énergie calorifique (principe de la climatisation) et refroidissent l'air d'admission. Celui-ci, plus dense, permet un meilleur remplissage du moteur, donc plus d'oxygène et une meilleure combustion.

Bénéfices réels

Contrairement aux valeurs annoncées sur les sites et forums traitant du sujet (de 30 à 50 % d'économies de carburant – 20 à 30 % de puissance en plus – diminution spectaculaire de tous les polluants…), ce système d'injection d'eau permet un apport supplémentaire de puissance de 10 % et une diminution de consommation de carburant de 8 % (ce qui est beaucoup plus réaliste et louable).

Variantes de la voiture à eau

Il existe d'autres procédés qui sont regroupés sous ce terme de voiture à eau plus ou moins réalistes :

kit HHO ou carkit HHO 

Il s'agit d'un système prétendant transformer de l'eau par électrolyse et exploitant l'hydrogène extrait pour améliorer le processus de combustion. Il est pompeusement qualifié de "générateur d'hydrogène" par ses concepteurs.

Notre analyse :

  • En supposant que ce système soit efficace (rien n'est moins sûr, et il coûte de 400 à 1 000 € + l'installation), il n'en demeure pas moins que l'électrolyse se déclenche avec l'alimentation d'un courant fourni par l'alternateur, dont l’énergie mécanique est fournie par... le moteur thermique, diminuant d'autant sa puissance. C'est donc le chat qui se mord la queue !
  • La production d'hydrogène est particulièrement difficile à obtenir et demande beaucoup d'énergie, et ce n'est pas ce principe simplet d'électrolyse qui va régler le problème (sinon, il y a longtemps que le moteur à hydrogène se serait imposé).
  • Ces produits se présentant sous un pseudo logo vert, suppriment la garantie constructeur avec toutes les conséquences financières (le gain en oxygène semblerait réel, mais jouer avec le rapport oxygène-carburant peut entraîner des températures de combustion trop élevées (points chauds – destruction pistons ou soupapes…).

Moteur à hydrogène

On l'appelle aussi "moteur à eau", mais sa technologie est tout à fait différente : l'hydrogène stocké dans le véhicule permet d'alimenter une pile à combustible qui entraîne un ou des moteurs électriques (le seul élément qui sort de l'échappement est de l'eau)

Notre analyse : c'est le moteur idéal, mais son seul problème est la fabrication de l'hydrogène (qui n'existe pas à l'état naturel seul), qui empêche aujourd'hui sa démocratisation.

Pour en savoir plus :

Ces pros peuvent vous aider