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La technologie progresse très vite. Ce qui n'était encore il y a quelques années que des sujets de science-fiction apparaissent enfin chez nos concessionnaires, et ne tarderont plus à entrer dans nos foyers : qu'appelle-t-on exactement une voiture intelligente ?

Voiture intelligente : ses fonctionnalités

On peut définir la voiture intelligente par un véhicule possédant des fonctions autonomes, indépendamment de la volonté du conducteur, qui l'assistent ou le supplantent.

L'énergie utilisée peut être pneumatique, hydraulique ou électrique.

Le gain de ces équipements apporte plus de confort de conduite, de confort pour les occupants, de sécurité passive et sécurité active.

Suivant notre définition, la voiture intelligente date : en effet, chronologiquement, plusieurs innovations déterminent des paliers dans la progression de la voiture intelligente et de ses innovations exponentielles :

Les premières aides à la conduite

Dès 1921, Renault dépose un brevet pour le servo-frein ; si ce système à priori ne peut encore être appelé intelligent, c'est déjà un système pneumatique autonome qui se met en fonction sans la volonté du conducteur : succinctement, l'action sur la pédale de frein permet, à l'aide de la dépression d'air présente dans le circuit d'admission, de créer une force pressante supplémentaire augmentant la force de freinage.

Dans le même registre, on peut citer la direction assistée (premier brevet en 1932), qui met en œuvre l'énergie hydraulique : l'action du volant de direction commande des tiroirs hydrauliques alimentant un vérin hydraulique double effet, qui assiste l'effort au volant.

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La gestion électronique

Son principe est toujours basé sur le même schéma : un calculateur recueille des informations de capteurs qui transforment des grandeurs physiques (température, vitesse, pression…) en signaux électriques variables. Il traite ces signaux pour commander à bon escient des actionneurs (injecteurs, vanne EGR, électrovannes, etc.).

La première fonction qui a utilisé ce mode de fonctionnement a été la gestion moteur : en effet, à partir des années 90, ce système peut être qualifié d'intelligent dans la mesure où il est capable :

  • d'appliquer des stratégies définies par une cartographie ;
  • de procéder à un autodiagnostic ;
  • d'appliquer des procédures en conséquence (mode dégradé).

Il réinitialise aussi automatiquement des organes comme un boîtier papillon d'injection. Toutes ces actions sont effectuées sans intervention humaine.

Le multiplexage

Démocratisé dans les années 2000, cette évolution a emballé l'émergence de la voiture intelligente : il s'agit d'un protocole d'échange de données qui permet de faire circuler simultanément une énorme quantité d'informations, et d'interconnecter, par un boîtier passerelle (Boîtier de Servitude Intelligent) tous les systèmes électroniques du véhicule :

  • gestion moteur ;
  • sécurité passive (airbag...) et active (ABS, ESP…) ;
  • confort et climatisation ;
  • carrosserie (vitres électriques, rétroviseurs électriques…)

L'interconnectivité permet le recueil et la mutualisation des données : par exemple, l'information « température d'eau » sert plusieurs fonctions comme la gestion moteur, la climatisation et la boite de vitesses.

Sans conscience du conducteur, le véhicule peut enclencher des procédures d'urgence (freinage, enclenchement des feux stop, contrôle de la trajectoire…) ou gérer des fonctionnements automatisés (suspension active, commande automatique des phares, de l'essuyage, etc.).

La liste des équipements actuels non exhaustive :

  • aide au stationnement ;
  • détection d'un angle mort ;
  • aide au freinage ;
  • airbag piéton ;
  • détecteur de somnolence ;
  • franchissement de la ligne médiane ;
  • alerte trafic ;
  • conduite autonome ;
  • système d'appel d'urgence ;
  • stop and start, etc.

Le véhicule autonome

Si des marques ont déjà développé des véhicules capables de se déplacer sans intervention du conducteur, le grand pari à venir est l'interconnexion des véhicules pour l'échange de données dans le but :

  • d'assurer un trafic complètement automatisé censé réduire les accidents : - 80 % à l'horizon 2040 ;
  • de fluidifier le trafic ;
  • de réduire la pollution due aux embouteillages ;
  • de diminuer les dépenses publiques liées à la sécurité des infrastructures routières.

Les écueils de la voiture intelligente

Si l'avènement de la voiture intelligente est en marche, il faudra relever plusieurs défis avant qu'elle ne s'impose :

Le défi technologique

S'il est en passe d'être relevé, de nombreux points restent à élucider :

  • fiabilité des systèmes ;
  • standardisation des solutions techniques ;
  • cohabitation du véhicule intelligent et du véhicule classique…

Le défi juridique

Le secteur de l'assurance est directement concerné :

  • En cas d'accident, comment définir les responsabilités ?
  • Plus préoccupant encore pour cette branche, si la fréquence des accidents est réduite à sa plus simple expression ou supprimée, c'est leur activité en tant qu'assureur automobile qui sera fortement remise en cause.

Le défi financier

Tout du moins dans la période de mise en place, les infrastructures routières devront probablement être modifiées (exemple : incrustations de capteurs dans les chaussées), et les véhicules intelligents, surchargés d'électronique, auront un coût d'achat plus important avant de se démocratiser (les options actuelles d'équipements d’assistance électronique comme l'aide au stationnement ou le freinage d'urgence ont un coût moyen unitaire de 500 à 1500 €).

En tout état de cause, si le véhicule intelligent et autonome paraît inéluctable, quid des passionnés de la conduite automobile ?

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